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Contrairement aux discours théoriques, un témoignage personnel a toujours une grande valeur humaine et sentimentale. Partager aux autres votre expérience passée ou présente au sein de l'organisation des Témoins de Jéhovah pourra éviter à d'autres de subir les mêmes déceptions que nous tous.

Témoignages Témoins de Jéhovah

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Manon

Je m’appelle Manon. J’ai 26 ans. Je suis baptisée depuis mes 13 ans. Je ne suis pas excommuniée, du moins pas encore. Je viens du Nord de la France et j’ai principalement grandi dans la métropole lilloise.

Je suis l’aînée d’une fratrie de deux. Ma petite sœur a sept ans de moins que moi. Nous avons grandi dans un cadre familial profondément instable. Mes parents, Témoins de Jéhovah, se sont mariés jeunes, dans un contexte déjà fragile. Leur couple a très vite été marqué par des disputes incessantes, une grande immaturité émotionnelle et une instabilité psychologique permanente. Très tôt, j’ai compris que dans notre famille, comme dans beaucoup d’autres au sein des assemblées, préserver les apparences était une question de survie.

Je n’ai jamais bénéficié d’une véritable éducation religieuse. Pas d’étude biblique, pas de culte familial. Pourtant, nous ne manquions aucune réunion ni aucune sortie en prédication, dans la mesure du possible. J’ai appris à lire très jeune, presque seule. Ma mère était souvent absente émotionnellement, le regard vide, enfermée dans son ressentiment envers sa belle-famille. Mon père, souvent en déplacement, était peu présent. J’ai grandi livrée à moi-même.

Quand j’avais huit ans, mon oncle Quentin, le frère de ma mère, auquel j’étais extrêmement attachée, s’est suicidé. C’est un ancien de notre assemblée qui est venu frapper à la porte pour l’annoncer. Ce jour-là a marqué un basculement. Ce qui n’était déjà pas un cadre sain est devenu invivable. Ma mère a sombré et a enchaîné les tentatives de suicide. Elle me répétait que je devais bien m’occuper de ma petite sœur et que nous nous reverrions dans le paradis. Pour l’enfant que j’étais, le paradis est devenu à la fois un refuge et une obsession, l’unique espoir de revoir mon oncle et ma mère si un jour elle ne se ratait pas.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à voir Dieu comme mon seul point d’ancrage. Sans accompagnement, sans repères, j’ai fait ce qu’une enfant fait quand elle cherche des réponses. J’ai commencé par le commencement. La Genèse. Je lisais seule le soir, en cachette, à la lumière d’une lampe torche. Pendant ce temps, les semaines et les mois étaient rythmés par les tentatives de suicide de ma mère. Ce n’était même plus surprenant. Je savais quoi faire. Mettre ma sœur devant un dessin animé dans ma chambre, appeler mes grands-parents maternels depuis le téléphone fixe, préparer nos sacs pour deux ou trois jours. C’était devenu une routine. J’avais décidé, sans jamais l’avoir formulé ainsi, que je protégerais ma sœur coûte que coûte.

Malgré ce contexte familial éclaté et sans modèle sain, j’ai voulu devenir proclamatrice. Puis j’ai voulu me faire baptiser. Mes parents ont d’abord refusé, me jugeant trop jeune. J’ai insisté pendant des années. J’ai fini par passer les questions de baptême sans avoir réellement bénéficié d’une étude biblique suivie. Le jour même, j’ai découvert qu’il fallait avoir terminé le livre Qu’enseigne réellement la Bible. J’ai menti. J’ai dit que oui. Comme toute petite fille qui a compris qu’il ne faut pas faire honte à sa famille et que les apparences sont vitales. Après mon baptême, au lieu de commencer Gardez-vous dans l’amour de Dieu, j’ai commencé seule, dans mon coin, le livre Qu’enseigne. Les études avec mes parents étaient rares, ponctuelles, faites par obligation plus que par conviction.

Puis est arrivé le lycée. J’avais quinze ans. Ma sœur en avait huit. Elle a commencé à développer de lourds troubles anxieux, des insomnies, une peur de vomir qui la paralysait. Toute son enfance ressortait d’un coup. Mes parents ne comprenaient pas et étaient entièrement accaparés par elle. J’étais épuisée. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré un garçon de mon âge. Il m’offrait une échappatoire à une vie familiale étouffante. J’étais baptisée depuis deux ans et convaincue que cette relation était une épreuve envoyée par Satan. Je refusais ses avances, tout en continuant à lui parler en cachette. Je mentais à mes parents, bloquais les notifications, bluffais en prétendant qu’ils pouvaient fouiller mon téléphone.

Je me mentais aussi à moi-même. Je disais que c’était de l’amitié. C’était faux. Quand j’ai fini par céder, ce fut le début de ma chute. Sans éducation affective ni sexuelle, avec seulement quelques notions scolaires, j’ai cru que dans un couple, il fallait se plier aux attentes de l’autre. Que si quelque chose me mettait mal à l’aise, c’était de ma faute. Que c’était à moi de faire des efforts. Jusqu’à ce jour où j’ai dit non. Où j’ai demandé d’arrêter. Où j’ai pleuré. Et où il n’a pas arrêté. Je n’avais pas les mots pour parler de viol. Je pensais que le consentement n’existait pas dans un couple.

Quelques jours plus tard, une fille d’ancien m’a appelée pour me dire qu’elle savait et que si je ne parlais pas, elle le ferait à ma place. Puis tout s’est enchaîné. Les interrogatoires parentaux. L’humiliation. Le dépôt de plainte. Trois auditions. Une enquête bâclée. Un policier qui m’a dit être une accusatrice mensongère et m’a expliqué que j’avais de la chance que l’affaire n’aille pas plus loin. Qui m’a conseillé de me trouver une activité et d’arrêter d’accuser des garçons innocents.

Les anciens m’ont convoquée. J’avais seize ans. Trois hommes seuls avec moi dans une salle plongée dans le noir, me demandant de tout raconter encore et encore. Ils avaient toutes mes conversations privées imprimées sur des dizaines de pages. Je ne sais toujours pas comment. Ils ont comparé mes messages à mon témoignage et conclu que ça ne collait pas. Ils ont jugé mon vécu avec leur regard d’hommes sexagénaires, projetant leur maturité et leur éducation sur une adolescente sans repères. Je n’ai pas été excommuniée, mais publiquement blâmée. L’annonce a été faite du haut du podium. Les regards, le silence, l’isolement. À ce moment-là, j’aurais préféré être morte.

La dépression s’est installée. Les soins psychologiques ont été interrompus faute d’argent. J’ai survécu. J’ai obtenu mon bac de justesse. J’ai continué sans but réel.

En 2022, je me suis mariée avec un frère. Nos fréquentations avaient été strictement encadrées par mes parents. J’ai appris à connaître mon mari après le mariage. C’est avec lui que j’ai commencé à réfléchir, à lire, à questionner.

Pendant ce temps, ma sœur a quitté les Témoins. Elle a été giflée par ma mère. Elle a fui, puis tenté de se suicider. Elle est revenue chez mes parents. Et j’ai appris qu’on lui avait dit que j’étais une menteuse pathologique depuis l’enfance, et que j’avais menti sur mon viol. Dix ans après. La plaie s’est rouverte entièrement.

J’ai écrit une lettre pour rétablir des faits, pour défendre mon mari et moi. Elle n’a rien changé. Elle a même été utilisée par le collège d’anciens pour évaluer la capacité spirituelle de mon père. C’est à ce moment-là que j’ai réellement compris l’ampleur du système.

J’ai commencé à questionner les doctrines. Le sang. 1914. Jérusalem. Adam et Ève. L’évolution. Tout s’est effrité. Comme une peinture qui s’écaille et finit par tomber d’un seul bloc.

Aujourd’hui, je suis PIMO. Mon mari aussi. En apparence, tout va bien. Mais intérieurement, je cherche un cadre où penser n’est pas une faute, où questionner n’est pas une hérésie, où la foi n’est pas une prison. Je ne cherche pas à détruire. Je cherche simplement à respirer.


vendredi 23 janvier 2026
Romain

Je m’appelle Romain, j’ai aujourd’hui 25 ans. J’ai grandi dans le Nord, juste à côté de Lille. Je suis né dans une famille TJ et j’ai deux petits frères (l’un de 22 ans et l’autre de 11 ans). À l’âge de 13 ans, je suis devenu proclamateur non baptisé, et à 14 ans je me suis fait baptiser (octobre 2014). J’ai ensuite traversé une courte période de doutes et de questionnements vers mes 16 ans, que j’ai fait taire en m’auto-persuadant que j’étais au bon endroit et que Satan essayait de m’en détourner. Je manquais clairement de recul et de maturité. En 2017, nous déménageons, nous changeons d’assemblée, mes parents se séparent dans la foulée (en pleine assemblée régionale), puis divorcent dans les années qui suivent. Personnellement, j’ai essayé de m’accrocher à « la vérité » malgré mes déboires affectifs, mon besoin d’attention et de valorisation, et la période compliquée que je traversais, avec parfois le sentiment d’être seul responsable de ce que je vivais. Bref, comme beaucoup de jeunes de mon âge à l’époque, j’ai été tiraillé entre deux modes de vie que je savais incompatibles. Mais la peur de décevoir ma mère (voire de la détruire au vu de la période difficile qu’elle traversait), la culpabilité, le regard des autres, et aussi le manque d’occasions concrètes, m’ont empêché de franchir le cap : soit de commettre un « péché », soit de quitter les TJ. Entre-temps, j’ai fait des études dans l’informatique et je suis aujourd’hui développeur web.

Je suis maintenant marié depuis mai 2022 et assistant dans une assemblée du Nord depuis fin 2023. Cela fait maintenant près de trois ans que j’ai commencé à remettre un grand nombre de choses en question, parce que mes interrogations et mes doutes passés n’ont fait que ressurgir plus tard, et surtout parce qu’après une prise de conscience assez soudaine, j’ai réalisé que je n’avais jamais réellement vérifié mes croyances ni les fondements sur lesquels elles reposaient. Je me suis alors découvert, petit à petit, une vraie passion : d’abord pour l’étude de la chronologie biblique, puis, en cascade, pour l’étude de l’historicité de certains récits. J’ai d’abord cherché à écrire un livre qui viserait à rétablir la Bible comme fiable sur le plan historique et scientifique.

Au bout d’environ deux ans (novembre 2022 – décembre 2024) de recherches et de lectures approfondies sur les prétendues preuves du Déluge universel, de l’Exode d’Israël, des prophéties de Daniel, etc. (que l’on trouve abondamment dans la littérature pseudo-scientifique américaine des milieux évangéliques fondamentalistes) je me suis rendu compte que je faisais face à une multitude de désaccords sur quantité de sujets. Il m’est alors apparu assez évident que, face à cette profusion d’hypothèses contradictoires, ceux qui disaient défendre « la vérité » et la Bible contre ses pseudo-détracteurs n’étaient pas moins aveuglés par leurs croyances et leur orgueil, ce qui les empêchait toute remise en question de leur manière de lire et de comprendre les textes qu’ils prétendaient défendre. Cela m’a amené à m’intéresser à la psychologie cognitive, au fonctionnement du cerveau (dissonance cognitive, effet Dunning-Kruger, etc.), ce qui m’a permis d’appliquer davantage de rigueur à mes recherches et d’éviter, autant que possible, les pièges du biais de confirmation et des sophismes. Ce cheminement m’a conduit inexorablement à ne plus me référer aux publications des TJ, ni plus largement à la documentation pseudo-scientifique.

Cela a été long à accepter, mais j’ai fini par admettre que les récits de la Genèse (chapitres 1 à 11) constituent tout simplement une collection de mythes, eux-mêmes issus d’un long processus éditorial et de différentes traditions textuelles. Le fait de me tourner vers les bonnes personnes (des chercheurs reconnus et qualifiés) m’a véritablement ouvert les yeux et m’a permis de changer radicalement mon regard sur le texte. En lisant la documentation scientifique, j’ai enfin pu comprendre ce que sont réellement ces textes : quelles sont leurs prétentions, leurs ambitions, le contexte et les enjeux de leur rédaction. Je refusais cependant de tomber bêtement dans le camp inverse, celui de ceux qui prétendent « détruire » le texte biblique en affirmant qu’il ne raconterait que des absurdités, sans même chercher à comprendre ce qu’il dit réellement. Pour cela, mon regard sur ce qu’est un mythe et sur son rôle central dans la représentation et la compréhension du monde chez l’être humain a dû évoluer. J’ai appris à comprendre ce que signifie le terme « mythe » pour un anthropologue, et à éviter les raccourcis naïfs du type : mythe = mensonge. Bref, je m’égare. Aujourd’hui, j’avance progressivement.

Je suis PIMO et toujours actif chez les TJ, mais je suis davantage dans une dynamique de préparation progressive de ma sortie, tout en essayant d’éveiller un maximum de personnes tant que j’en ai les moyens et que je suis encore écouté. De mon côté, je continue de nourrir ma foi personnellement, avec un regard critique sur les textes, leur histoire, les débats auxquels ils font face et les différentes manières dont ils ont été lus selon les époques. J’échange avec des personnes incroyables au parcours académique passionnant. Mon objectif pour l’année 2026 est d’achever ma formation en hébreu biblique, d’entamer l’apprentissage de l’araméen, puis du grec ancien. Ce processus m’a permis de prendre conscience que les sciences du monde biblique sont encore beaucoup trop négligées et mal connues (et qu'il reste encore beaucoup de choses à découvrir). Cela laisse le champ libre à des groupes ou communautés très médiatisés ou visibles, qui diffusent une image profondément erronée de ce qu’est réellement l’étude et l’analyse des textes bibliques (exégèse, philologie, méthode historico-critique). Je trouve aussi profondément regrettable que beaucoup de personnes finissent par abandonner toute forme de foi, ou même l’idée de Dieu, non pas à la suite d’un réel cheminement critique, mais parce qu’on ne leur a toujours présenté qu’une seule et unique manière de lire les textes bibliques. Lorsqu’elles découvrent, parfois brutalement, que nombre de récits n’ont pas de fondement historique au sens moderne du terme, tout s’effondre d’un bloc. Faute d’avoir appris qu’il existe d’autres niveaux de lecture, d’autres intentions, d’autres cadres de compréhension du texte, elles n’ont souvent d’autre choix que de rejeter l’ensemble, là où une approche plus nuancée et mieux outillée aurait peut-être permis de préserver une foi autrement comprise et réfléchie.

Mais bon beaucoup n’ont tout simplement pas les outils nécessaires pour faire face à une avalanche d’informations et pour distinguer ce qui relève réellement de la recherche scientifique de ce qui n’est qu’une lecture instrumentalisée à des fins religieuses ou politiques, où les données sont sorties de leur contexte et où les conclusions sont bien souvent biaisées, au détriment de toute nuance. Enfin voilà ! Merci à ceux qui auront pris le temps de lire jusqu’au bout.

Désolé si j’en ai peut-être trop dit ou si le message est un peu long, ce n’était pas l’objectif de monopoliser l’attention. Je voulais simplement me présenter honnêtement et poser le cadre de mon parcours.


jeudi 8 janvier 2026
Daniel

Qui n'a pas entendu des phrases de ce genre : " Je connais des témoins de Jéhovah, ce sont des gens extras. " / " Mes parents sont témoins de Jéhovah. Ils m'ont super bien éduqué." ou encore " Les témoins de Jéhovah sont les personnes les plus honnêtes. Si tout le monde était comme eux..."

Est-il besoin d'un long discours pour démontrer que ces propos sont souvent vrais ? Que les personnes qui les disent sont de bonne foi dans la plupart des cas ? Mais en faut il un autre pour démontrer qu'ils se situent en dehors du sujet principal ?

Que ces remarques soient prononcées par des sympathisants, des enfants issus d'un couple de TJ, ou bien de TJ qui ont l'habitude d'argumenter en affirmant d'abord qu'ils ne sont pas TJ ( pieux mensonge de "guerre théocratique" )

Les journalistes, les historiens, les sociologues et les politiques délaissent sans effort le sujet des religions à haut contrôle. Il y a plusieurs raisons à cela : Indifférence, crainte des poursuites judiciaires et autres embarras, sous-estimation du sujet, stratégie. Il ne reste plus aux membres de ces groupes autoritaires que de témoigner en solo, d'écrire un livre ou de se réunir pour retrouver la parole.

Pour obtenir aussi soutien, consolation, compréhension et parfois même, Justice.

Comme beaucoup, je suis né dans l'Organisation. C'était l'époque de son plein essor. Une des raisons en était l'invention de "l'idée de 1975", mais aussi de la "génération de 1914", qui avait encore de beaux jours devant elle.

Une grande partie de la population occidentale se détournait depuis longtemps déjà des religions officielles. Par indifférence mais aussi par ignorance. Il fallait "quelque chose" qui explique la complexité du monde, son mélange de beauté et d'horreur. "Quelque chose" qui donne un vrai sens à la vie. Qui replace l'individu dans une conception concrète, avec une identité, une appartenance, et une espérance.

L'après-guerre était une époque particulièrement fertile pour la réussite de nouvelles formes de religions. Quoi ? Deux guerres mondiales successives ? les atrocités commises durant la dernière, ....la guerre froide, les menaces nucléaires, la hausse de la démographie, la perte des valeurs, l'expansion de la criminalité.... Et Dieu dans tout ça ? Les religions majoritaires semblaient ne plus répondre aux besoins moraux et spirituels des occidentaux.

Venus de tous les milieux sociaux, les nouveaux convertis à la Société des Témoins de Jéhovah ( TJ ) devenaient à leur tour des prosélytes. La simplicité de la vie d'après-guerre, le manque d'informations, l'absence de repères fiables et les questions sans réponses profitèrent à l'extension du culte.

Comme depuis longtemps déjà, les "gens fragiles" étaient tout disposés à adhérer aux doctrines proposées par les TJ au travers de leurs publications. Ici, les choses se compliquent et se teintent déjà d'une vague couleur de criminalité psychique et de malhonnêteté morale.

Profiter des faiblesses humaines et exploiter l'ignorance est une des plus mauvaises actions qui puissent se commettre. Et proposer un avenir radieux ? N'est ce pas alors une grande cruauté ?

Je me souviens d'une matinée de prédication... Un ancien avait "une visite"... Il sonne, un homme apparait. L'ancien explique qu'il a laissé à une jeune fille il y avait une quinzaine de jours, un périodique et que.... blablabla....L'homme était le père de la jeune fille. Or, cette dernière était trisomique. Il envoya promener mon compagnon ancien en lui lançant : "Comment pouvez-vous profiter à ce point de la fragilité des gens ? Ma fille est trisomique ! "

Cette leçon de grande logique me frappa. Comment en effet mon compagnon ancien avait il eu l'idée de revenir visiter une handicapée mentale ?

Mais voilà : il fallait du chiffre, pour le rapport mensuel : nombre d'heures, visites, brochures distribuées, livres, tout cela comptabilisé pour les rapports mensuels et annuels. Servir la Watchtower par les chiffres....

Voilà ce qu'a été l'obsession de la Société des TJ, à partir du siège de Brooklyn, tenu par une poignée d'hommes sans grande instruction. On peut rêver à volonté sur la puissance de persuasion d'un petit nombre sur une foule de plusieurs millions....

Ma mère, séparée de son mari, vivaient avec ses deux enfants en bas âge, aidée par ses grands-parents. Une "soeur" toqua à la porte un jour de l'année 1964. Ni ma mère, ni ses enfants, ni personne ne se doutait que tout allait changer radicalement, et que la "vie normale" plus ou moins bien tracée, allait désormais quitter son ornière pour toujours.

En deuil de son père et d'autres membres de sa famille, ma mère embrassa la foi des TJ avec bonheur. C'était "Noël" à la porte ! Non seulement tout s'expliquait, mais un fabuleux espoir brillait à l'horizon. Revoir aussi les "chers disparus"... et puis quelle aubaine de pouvoir balancer aux ordures les religions chrétiennes classiques : à la fois trop pompeuses et trop vides, colorées de paganisme suspect, difficiles à comprendre, connues pour leurs abus, leurs mensonges, leurs exploits barbares dans le passé....

Alors que là... En plus, Dieu a un nom.... Les monstres ! Comment ont ils pu nous cacher ça ? Alors que ce nom se trouve écrit dans des cathédrales et sur des pièces de monnaie. Il y a donc un complot mondiale pour cacher ce nom... Or ce nom est aussi un talisman : quiconque l'invoque sera sauvé.

On découvre une famille spirituelle mondiale. Partout, des "frères et soeurs" attentifs, affectueux, bienveillants. Il y a une mission : prêcher ! Il y a un timing : la Fin du Monde, la fameuse Apocalypse, c'est-à-dire Har-Maguédon, est aux portes. Elle va survenir dans les années qui viennent. Qui sait même si l'année en cours finira ? Dans tous les cas, Il est peu probable que le "système de choses" en place soit encore ce qu'il est d'ici 10 ans. Les années 70 sont les dernières, les années 80 n'existent pas.

Bien avant l'an 2000, les humains sauvés par Dieu - et seulement ceux-là - vivront heureux depuis longtemps déjà et pour toujours sur une terre paradisiaque.

Voilà la "Bonne Nouvelle", voilà le véritable évangile... La vie est belle mes enfants.... Vous allez bientôt connaitre votre grand-père, vos arrières grands parents... puis, nous vivrons toujours ensemble, heureux et comblés.

Bien sûr, il faut remplir certaines conditions : finis, les anniversaires, les fêtes religieuses..... les copains et copines d'école doivent aussi être tenus à une certaine distance. Il faut du moins leur prêcher à eux aussi. Quant aux soucis de l'adolescence future et de l'âge adulte, mais.... tout est réglé aussi.

On rencontrera l'amour "dans le paradis", on travaillera "dans le paradis".

La spiritualité ? C'est simple. Il s'agit d'aller aux trois réunions hebdomadaires, les préparer avant, bien sûr, en soulignant les phrases-clefs des textes étudiés. Chanter des cantiques, baisser la tête quand un frère prie. Ces frères là ont l'air sévère... mais ils nous aiment et travaillent pour notre bien. Qu'ils en savent des choses !.... Ils sont chargés de veiller sur le "troupeau" et de nous amener à la Vie Eternelle !

C'est dans ce contexte à fois banal et irrationnel, que j'ai vu le jour, comme tant d'autres enfants nés d'au moins un parent TJ.

Irrationnel en effet, mais pourquoi et dans quelle mesure ? Il faut d'abord situer le rôle du divin dans la vie quotidienne. Le Nom ( Jéhovah ) est répété plusieurs fois dans la journée, rien que du fait des prières familiales. Et des dizaines de fois dans la semaine, si ce n'est plus. ( réunions, lectures, prédication... ) Sans parler de l'utilisation de ce nom comme servant à conjurer un danger ou ce qui est perçu comme un maléfice. ( Dans des familles comme la mienne, c'était tout naturel. Mais ce n'était pas le cas de tous les TJ. )

Il y a une chose à bien comprendre : qu'on croit ou non au surnaturel, il faut accepter que des gens - de nombreux gens - y croient, et que cette croyance dépasse largement le cadre de la simple foi. ( qui en elle même est déjà une direction vers un certain "surnaturel" ) Or, ces gens qui croient au surnaturel agissent en conséquence dans la "vie réelle". De ce fait, ils vont modifier la réalité.

Qu'on le veuille ou non, il en est ainsi. Et il en est ainsi même des "autres croyances" : politiques, sociales, etc... Si l'individu est en position d'infériorité ( âge, situation.. ) il va donc subir cette réalité modifiée. L'Histoire donne des exemples infinis de ce fait, et on peut même dire qu'elle en est constituée.

Un témoin a donc une double vie, par la force des choses : une vie ordinaire, celle d'un "citoyen" normal, et une autre, qui - même si elle est affichée et prêchée - reste quand même inconnue à la société environnante. Car il ne s'agit pas, encore une fois, d'une religion classique. Etre TJ est un métier. Un métier très sérieux, parfois drôle, agréable ou tragique. C'est une vie dans la vie. ....Ou plutôt un rêve "concrétisé" qui suit la vie quotidienne en parallèle.

On parle aujourd'hui de "dissonance cognitive". C'est le cas. J'avais observé, très jeune déjà, une sorte de gêne, sur le fait d'être identifié à un TJ dans le contexte du monde profane. Même les plus zélés se faisaient souvent discret. A part des femmes âgées, des couples retraités ou des personnes extravertis et peu raisonnables, la plupart des témoins, ( hors prédication, et même dans ce contexte, d'une certaine façon aussi ) maintenaient une certaine réserve sur leur foi et leur appartenance.

Parfois, certains "avouaient" enfin à leurs collègues, famille ou voisins qu'il étaient TJ. Mais il fallait du temps pour beaucoup, et il fallait alors vite en profiter pour prêcher.

Cette manière de vivre avec une sorte de fardeau secret ( et très surestimé en lui-même ) est inconfortable.

Un enfant toutefois, tant qu'il n'est pas scolarisé, échappe à ces inquiétudes.

Pour ma part, j'avais donc la conviction ( naïve, enfantine, mais certaine ) que "tout allait vite passer", que je n'irais jamais à l'école, que ma mère ne vieillirait jamais, et qu'après la destruction des "méchants", on rentrerait dans le paradis terrestre promis.

Tous les TJ, qui sont nés de parents TJ entre les années 60 et 80 environ ont vécu ( plus ou moins ) cette illusion.

La date de la Fin est chaque année reportée à plus tard, ( et personne ne s'en plaint vraiment, car les évènements à venir suscitent une peur secrète assez forte. ) Ainsi, quand une grande assemblée d'été prenait fin, l'orateur annonçait tranquillement qu'une autre grande assemblée ( on disait "de district" ) était prévu pour l'an prochain au même lieu.

Cet optimisme me surprenait toujours un peu.

Un enfant comme je l'étais vit donc dans une déconnexion presque total du réel. J'en ai connu qui ont moins subit l'"Irrationnel", car les deux parents étaient TJ, ou que le contexte familial était, quoiqu'il en soit, plus solide ou plus aisé. Mais au vu des témoignages disponibles dorénavant pour tous, j'ai constaté que je suis loin d'être le seul à avoir vécu à ce point dans l'irréel et dans le surnaturel.

Aux réunions, il était davantage question des forces obscures que de la Divinité. D'ailleurs, j'ai compris un peu plus tard que très peu de TJ croyaient réellement au diable et aux démons. Pourtant, même les publications étaient saturés de ces thèmes, à grand renfort d'images sensationnelles et disons le, effrayantes

Mon adolescence s'est aussi passée à attendre Har-Maguédon ( avant la Fin, la "grande tribulation" encore plus effrayante ). Vers l'âge de 14 ans, l'attention des anciens et celui de mon beau-frère, assistant ministériel, a commencé à se tourner vers moi. Un jeune homme, dans l'Organisation, est un potentiel "futur serviteur".

C'est sur le sexe masculin que reposent les responsabilités à venir....

Dans mon cas, j'étais absolument dépourvu de toute ambition, tant pour le "monde" profane, qui allait disparaitre d'ici peu, que pour la "congrégation".

Un frère d'une cinquantaine d'années vint un jour me faire l'étude, histoire de me sonder... J'avais 12 ans. Il semblait particulièrement curieux de savoir si mes nuits étaient pures, et s'était montré fort insistant sur ce point.... Combien sommes nous à avoir subit ces inquisitions, ou à s'être carrément dénoncé, espérant un secours.

J'avais subis l'école, puis le collège. Vivement la Fin... J'avais souvent sommeil les soirs de réunions, surtout dans la seconde partie. Le lendemain, c'était parfois très dur de se lever. Mais qu'importait ? Les cours n'avaient pas la priorité. Il fallait "aller à la salle" et participer à la prédication le dimanche matin, au moins.

Cravaté, chaussé vaille que vaille, coiffé, il fallait y aller... 4 fois par semaine, le "rêve", l'"Idée" devenait une réalité. Le contraste avec la vie ordinaire ( collège, maison, copains.. ) était perturbant.

Mais heureusement, Har-Maguédon approchait... On voyait aux actualités les progrès des "cavaliers" : guerres, famines, et puis les catastrophes en tous genres, les crimes affreux.

Les pires calamités passées et présentes avaient un sens, mais seulement pour nous les TJ. Ce sens, c'était une direction historique, voulue et programmée par Dieu pour le Salut final de l'humanité. Commencé avec 1914, le siècle allait s'achever vers la fin des années 80, pas plus....

Sinon, comment "ceux qui avaient connu la guerre de 14" auraient pu voir Har-Maguédon, comme cela était prévu ?

Question A : "De quelle génération Jésus voulait il parler ?" Réponse : "De la génération ayant connu les évènements dramatiques de 1914"

Question B : "De quoi pouvons nous être certain ?" Réponse : "Que la fin du présent système de chose est imminente, du fait de l'âge des personnes de la génération de 1914"

( Voir le livre "Vous pouvez vivre éternellement sur une terre qui deviendra un paradis". Publié en 1982 )

Cette certitude était martelée pour ainsi dire chaque semaine. Elle était aussi rappelée à la page de garde de chaque édition du périodique "réveillez-vous". ( à l'époque publié 2 fois par mois et largement diffusé en prédication )

Dès lors, pourquoi s'en faire ? Avenir ? le paradis ! Quand ? Tout de suite ou presque. L'argent ? Aucune importance. Jéhovah pourvoit. Ma mère répétait souvent : "Pour le temps qui reste..." ou, "A la veille d'un si beau jour..."

Mon angoisse restait la proximité du service militaire. Mon frère avait été exempté. Je l'enviais... J'avais 16 ans, le moment d'aller à la mairie demander un report pour l'âge de 22 ans.

Une fois cela fait, grand soulagement : d'ici là, la Fin serait venue, à coup sûr. Toute ma famille le répétait, les frères et les soeurs le répétaient, on prêchait ce dogme en prédication. Le message était urgent, il fallait sauver des vies !

D'ou venaient ces enseignements ? Des publications et des discours prononcés aux réunions et aux assemblées. Qui dispensait ces enseignements ? Le siège des TJ, à Brooklyn, dans l'état de New-York. Le siège des TJ bénéficiait depuis la fin du XIXème siècle de l'Esprit de Dieu. La littérature était abondante, ( payante ), parfois ardue et même peu compréhensible. Qu'importait ? Toute cette "nourriture spirituelle" venait "d'en Haut", pour notre Bien, pour la vie éternelle.

Sorti du lycée, il a bien fallu gagner sa vie avec des petits boulots. Ce n'était pas grave : la Fin était imminente. Pourtant je constatais que certains jeunes de mon âge faisaient des études, passaient leur permis, se fiançaient... Dans le sud-est ou nous avions emménagé en 1977, les loisirs avaient aussi une très grande importance. Je découvris que le fait de posséder une voiture par exemple, était pour ainsi dire une obligation.... pour aller en montagne.

Je remarquais aussi que très souvent, les "frères et soeurs" avaient des conversations superficielles et complètement en décalage avec les sujets qui nous avaient occupés pendant la réunion précédente. La seule continuité était les prises de rendez-vous pour la prédication, au milieu de bavardages divers, d'éclats de rire, de plaintes sur la santé ou l'argent et de projets de vacances.

En réalité, sitôt la réunion finie et une fois rentrés chez soi, les gens redevenaient des gens ordinaires, avec leur boulot, leur vie de famille, leurs plaisirs, loisirs, leurs soucis divers. Ils ne semblaient pas avoir conscience réellement de la gravité de la situation, ( telle qu'on nous l'exposait dans les discours et les publications ) à savoir la Grande Tribulation sur le point d'éclater.

Les seuls qui avaient cette conscience et qui soupiraient après le "monde nouveau" étaient les divers malheureux : célibataires déjà bien mûrs, famille compliquée, veuves ou veufs, divorcé(e)s, personne âgées ou malades, chômeurs, handicapés.

Les autres prêchaient par habitude, montaient en échelons par instinct de parvenir, recherchaient la considération et le prestige. C'est ainsi que se formaient des clans, que les TJ connaissent bien. Ceux qui sont "bien vus" du frère Untel, qui font partie d'un groupe, .....et les "petites gens", le menu peuple dont on a que faire.

Ce menu peuple est en principe peu aisé matériellement. Mais l'argent attirant l'argent, les "huppés" se retrouvaient entre eux et se livraient à l'un des sports mondiaux des TJ : le commérage.

Je ne parlerais pas dans ce témoignage des nombreux faits divers dont j'ai pris connaissance, ou auxquels j'ai été mêlé, souvent malgré moi. Toutes les congrégations ont leurs "histoires". A partir du moment ou des humains se réunissent en groupe et se côtoient fréquemment, il arrive fatalement des problèmes plus ou moins légers ou graves.

En cause, les deux grands instincts, qui fleurissent particulièrement dans la promiscuité d'un groupe : l'instinct du pouvoir et l'instinct sexuel.

Pour les problèmes graves, les crimes pédophiles, l'Organisation n'est coupable que dans la mesure ou elle a laissé le champ libre aux agresseurs pendant des décennies. Le tort immense et impardonnable de la Société aura été de minimiser ce problème et de l'avoir laisser enfler, tel un ballon géant, jusqu'à ce qu'il crève bruyamment et en public dans les années 2012.

Pour en revenir à ma narration, j'ai du aller me faire "tester" pour la conscription. L'angoisse accumulée pendant des années a percé sur les lieux et a favorisé mon exemption.

Auparavant toutefois, les anciens m'avaient persuadé qu'il fallait que je me fasse baptiser, pour mieux surmonter cette épreuve et déclarer ma foi sans aucune tromperie. Aussi avais je pris le baptême, un an avant le rendez-vous médical. Grâce à cette action, mon beau-frère, qui me faisait l'étude depuis deux ans, a pu devenir ancien. J'ai donc largement contribué à sa promotion, et s'il lit ce témoignage un jour et se reconnait, ( ce dont je doute fort ) qu'il sache que j'attends toujours ses remerciements.

Un soir de l'automne 1993, à l'étude de livre ( à l'époque dans des foyers, comme le savent les "plus de 20 ans" ) mon beau-frère-ancien nous lu un courrier spécial, émané du Siège. C'était l'annonce d'une prochaine "nouvelle lumière" concernant la doctrine de 1914. Nous étions attentifs, dans le salon de la soeur qui nous recevait tous les vendredi soirs. Il y avait un parfum de "Fin du Monde", dans ce lieu privé, et nous étions suspendus aux lèvres de l'ancien....

A vrai dire, nous ne comprîmes pas grand'chose, à part ceci ( et c'était le principal ) : Une nouvelle compréhension des Ecritures avait amené le Collège Central, à Brooklyn, a reconsidéré les datations et à remettre en question la génération de 1914 ( "celle dont voulait parler Jésus" ) Nous aurions d'autres précisions, mais nous tâchions de comprendre que dorénavant, les gens ayant connu le début de la première guerre mondiale ne seraient pas forcément tous encore en vie lors de l'Intervention de Dieu.

Que le mot "Génération" était à prendre dans un sens plus large.

Tel un magicien sort un lapin de son chapeau, l'Organisation sortit cela de ses bureaux. La méthode employée force l'admiration : d'abord un premier message, au fond une manière de test, lu dans les études de livre. ( lieux conviviaux, chaleureux, bénéficiant de l'ambiance du soir, propices à la paix et aux rêveries )

Puis, deux ans plus tard, une "Tour de garde" ( l'organe principal de communication mondiale ) aborda le sujet plus en profondeur. Le voici en résumé : Les gens ayant connu ceux qui avaient vécu en 1914 faisaient eux aussi partie de la génération. C'est la fameuse plaisanterie de "l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours". ( je passe sur les détails des "oints", des "non oints", sujet secondaire allant et venant au gré des années )

Les TJ ayant été "préparés" deux ans en amont, la pilule passa. Et l'habitude de l'"Urgence" était tellement prise, que la proximité, - l'imminence - de la Fin ne reculait pas pour autant. On continuait d'être abreuvé de cette Imminence chaque semaine, et le message était toujours aussi urgent à prêcher.

En réalité, l'Organisation s'était tirée d'un fameux traquenard, et pouvait continuer à parader, sans crainte d'être accusée de mensonge. La Fin était toujours là, mais la "date limite" avait été escamotée. Avec un peu plus d'esprit critique ( fortement réprimandé ) une bonne partie des TJ auraient pu s'apercevoir de la supercherie. Mais tout avait été avalé, et le public TJ participa à cette étude de la Tour de Garde avec son enthousiasme habituelle.

Précisons aussi que toute pensée dissidente est fermement réprimée. Le doute, même minime mais avéré, donne lieu une visite domiciliaire par des anciens. Hommes, femmes, enfants et vieillards veillent soigneusement à éviter ces désagréments. Les menaces contenues dans les discours et les publications sont suffisantes.

J'ai ensuite continué d'enchainer les petits boulots.... Perturbé par les passions, comme tout jeune homme, je ne voyais d'issue à cette vie insupportable, faite de menaces et de culpabilités, que dans le mariage. Mais je n'étais pas encore prêt à comprendre que ces liens se font, comme partout; sous certaines conditions. Pour un homme, il ne faut pas seulement être "exemplaire". Il faut aussi avoir une position sociale enviable, et montrer le souhait d'accéder à des charges au sein de la congrégation.

Un ancien de mon âge m'a confié un jour : "Pour me marier et "être accepté" par la famille de ma future épouse, j'ai du me qualifier... je suis devenu assistant, puis ancien. J'ai pu me marier.

Quel haut degré de spiritualité !

Comme je n'avais ni emploi stable, ni prestige social, ni ambitions théocratiques, je ne fis que rêver à l'inaccessible... Il faut dire aussi que vers 25 ans, "il faut que le coeur se brise ou se bronze" comme a dit un poète. Le mien s'était déjà brisé depuis longtemps, sous les coups des angoisses, des culpabilités et des peurs paniques.

Le reste était déjà écrit d'avance... le rideau était tiré, l'échelle était levée... Sauf que je n'en savais rien. Vers l'âge de 35 ans, j'ai fini par trouver un emploi stable.

On a continué de me décourager, car ce poste m'empêchait d'aller aux réunions de la semaine. Un ancien m'a suggéré de démissionner.

Je ne me suis pas laissé faire.

La première étape de mon réveil a été la suppression-surprise de l'étude de livre. Cette réunion avait été décrite pendant des décennies comme la "plus importante de la semaine". ( C'était en effet la plus agréable et la plus "cohérente" ) . Il ne fallait surtout pas la lâcher, car c'est elle qui resterait en périodes de troubles, de persécutions, et durant "la grande tribulation".

Pourtant elle fut effacé en décembre 2008. Il fallait suivre "le char de Jéhovah", donc suivre ses décisions, transférées par l'Esprit Saint au Siège mondial.

Puis, il y eut les nouveaux cantiques, la plupart forçant sur l'émotion, larme ou sourire. En parallèle, les études devenaient de plus en plus creuses. On était loin du temps des examens approfondis, des casse-tête bibliques...

Les commentaires données aux réunions se teintaient parfois de politique... même des discours indiquaient ouvertement des directions. Cela me dérangeait fort. Peu à peu, je ressentais qu'on était mené en bateau... je n'osais pas encore me l'avouer. Les études de la tour de garde devenaient de plus en plus tranchantes et étayées d'affirmations contradictoires ou absurdes. On sentait clairement qu'un des but majeur du Siège était de rendre les fidèles soumis et amnésiques.

La création du site internet des TJ en 2014 coincida avec le redécoupage des congrégations, que plus d'un a mal vécu.... Mais chut ! Surtout ne jamais se plaindre... sourires et bonne humeur obligatoires.

Je n'eus jamais la curiosité de visiter ce site officiel. Je pressentais que si je le faisais, je serais encore plus mal à l'aise... Les images tirées des vidéos, les chants, etc... me suffisaient largement pour me faire une idée des contenus. On était dorénavant infantilisé.

Un jour, invité par un couple que je connaissais depuis mon enfance, je vis sur leur tablette une vidéo de propagande sur la résurrection des morts et le paradis terrestre promis. Le mari et la femme, pourtant vieux routiers de l'Organisation, trouvaient cela merveilleux. Je ne vis que des images racoleuses, publicitaires, made in USA, et n'entendit qu'une musique d'accompagnement fort singulière : une vraie musique "du monde". J'appris plus tard que mon intuition était juste.

Des images, des schémas, des extraits du ridicule dessin animé destiné aux enfants... je commençais à comprendre le bouleversement. La Société avait terminé sa vie vers 2013. Désormais, c'était une pseudo-religion internet, une entreprise très matérielle, un club privé appuyé sur les technologies et le télévangélisme.

Il n'est pas étonnant que l'Organisation, depuis toujours, met en garde contre la lecture. La Société nous servait d'ailleurs tellement de littératures que bien des TJ avaient le sentiment de connaitre tous les secrets du monde. Pourquoi perdre son temps à lire les oeuvres du monde de Satan ?

Fin 2017, je cherchai la signification d'un mot ( socinianisme ) et je tombai sur un lien wikipédia vers le sujet "témoins de Jéhovah". Je n'avais jamais tapé ce terme depuis 8 ans que j'avais internet. Je vis dans l'article qu'il était question de problèmes de pédophilie, ainsi que de l'adhésion de l'Organisation à l'ONU entre 1992 et 2001 en tant qu'ONG.

Je refusai de donner suite à ces découvertes. Elles me firent une peine assez vive... Ainsi, ces mensonges courraient de par le monde sans qu'on le sache... Pour contrer son adversaire, il faut savoir au moins de quoi il peut nous accuser. Or personne ne semblait se soucier de ces graves accusations.

Début 2018, je franchis le pas, l'Interdit... je fis une recherche plus approfondie. Tous ceux qui ont découvert la "vérité sur La Vérité" ont eu le même parcours que moi. On cherche, on trouve, on est avide de plus de découvertes, on doit trier, vérifier, questionner, aller aux sources... on s'aperçoit que le pot aux roses est découvert depuis le début des années 80, ( Mince ! ) que tout est public... Tant pis, on fonce, avec une fièvre pénible et enivrante.

On se sent un personnage important, "Celui qui commence à savoir", puis, "Celui qui sait". On est l'Indiana Jones de la vérité.... Mais au fond de soi, on est comme Jean-Pierre Marielle coincé dans La Valise, et on murmure : "...Aïe aïe aïe...."

Car que faire maintenant ? Comment être honnête, cohérent avec soi-même et s'évader ? D'autant qu'il subsiste un fond de culpabilité. On ne dépose pas un vieux manteau poussiéreux qui a fait toutes les guerres, sans garder sur soi des salissures. Et il y a la famille....

Parler de tout ça à ma mère était impensable. C'eut été la tuer.

Elle vieillissait. Depuis plus de 50 ans, elle avait attendu la Fin du système, persévérant dans la prédication, fidèle à chaque réunion. Mais sa tête commençait à s'égarer. Elle était devenue malentendante. Presque sourde.

Comme chaque dimanche depuis plusieurs décennies, je faisais avec elle le parcours urbain qui nous amenait à la "Salle du Royaume". Je me sentais vieux moi aussi, et fatigué.

J'avais du avoir recours plusieurs fois à la médecine... J'alternais entre période de calme et périodes d'addictions : dipsomanie, médicaments... souvent les deux ensemble.

Au printemps 2018, il y eut le document des données personnelles à signer. Si on ne le signait pas, on était tout simplement mis sur le bas-côté de la congrégation : plus d'identité réelle dans le groupe, nom effacé du tableau d'affichage, et à la clef, probable visite domiciliaire de deux anciens pour comprendre les motifs de notre choix.

J'ai entendu murmurer à juste raison. C'était un fameux chantage. Je n'ai pas signé ce document. Je m'en félicite.

Début 2020, la "pandémie" est arrivée. Le chef de l'état eut un mot fabuleux : "La bête de l'Evènement est là". Est il besoin de dire que ce vocabulaire parlait haut et fort à notre communauté ?

Ce fut la débâcle.... La salle de réunion ferma en mars comme partout. Elle ne rouvrit jamais et fut laissé au propriétaire deux ans plus tard. Même à la fin des confinements, les réunions continuaient de se faire par internet : Zoom.

Le mot était lâché, l'habitude était prise. Qu'étaient devenus les encouragements passés ?

Pendant des décennies, on avait été nourris d'exemples dramatiques du passé de la Société : TJ incarcérés dans les camps de concentration. Puis, transférés parfois dans les camps soviétiques. Persécutions en Afrique, en Asie... On nous donnait comme exemple de fidélité des "frères et soeurs" traversant des rivières en pirogue pour se réunir, pour s'encourager et étudier la bible dans la clandestinité. Certains avaient parcourus des kilomètres dans la neige, au péril de leur vie. Gestapo, Guépéou, polices variées.... Ils s'étaient réunis dans des caves, avaient fait tourner des imprimeries secrètes.

Beaucoup, dans bien des pays, avaient été arrêtés, emprisonnés, exécutés... Et maintenant ? Au XXIème siècle, après avoir été biberonnés de ces exemples d'intégrité et de courage depuis l'après-guerre, les TJ pensaient tout simplement à sauver leur peau.

Une fois par mois, l'ancien chargé de notre groupe, masqué, venait sonner chez ma mère, et lui déposait les périodiques ( tour de garde et réveillez-vous, devenus rares et légers ) au seuil de sa porte. Il lui murmurait quelques paroles incompréhensibles derrière son masque et repartait. Le Choléra de 1832 provoqua moins d'effroi.

Ma mère, déjà sourde, ne comprenait rien. Elle comprit si peu de choses que sa tête se perdit tout à fait. Six mois plus tard, ramassée par les pompiers, elle fut transportée aux urgences. Atteinte de la maladie d'Alzheimer, ( sénilité ) elle survit depuis 5 ans entourée de soins dans l'unité protégée d'un Ehpad.

Elle a tout oublié de son passé religieux.

Que conclure ? L'Organisation des TJ est probablement l'une des plus grandes escroqueries morale, spirituelle et financière, que le XXème siècle ait engendré. Une minorité de la population le sait. Mais le reste de nos concitoyens ignore tout de ce phénomène extraordinaire qui a marqué et qui continue de marquer des générations entières.

" Je connais des témoins de Jéhovah, ce sont des gens extras ! " / " Mes parents sont témoins de Jéhovah, ils m'ont super bien éduqué..." / " Au moins, les témoins de Jéhovah sont honnêtes... si tout le monde était comme eux..."

Ce ne sont pas les documentaires surveillés et en partie censurés qui feront connaitre aux populations cette Société narcissique, paranoïaque, avide de dollars et pourrie d'orgueil.

Les victimes ( psychologiques, physiques, sociales ) sont nombreuses. Depuis 15 ans, les voix se font entendre... mais au fond, si peu....

Suis-je amère ? Oui. Mais surtout triste. Mon plus vif regret est d'être passé à côté des études et du milieu professionnel. J'aurais aimé avoir un métier. Juste ça.

Car ne vous y trompez pas, ( je m'adresse ici aux éventuels TJ jeunes, qui liraient ce témoignage ) : l'argent fait le bonheur. Il est le "nerf de la guerre" en toutes choses. Pensez à vous... Mais est-il encore nécessaire de signaler cette réalité ? La vie d'aujourd'hui vous l'a certainement fait comprendre.

Nous autres, nés entre 1960 et 1980, TJ ou non TJ, nous avons été bercés de rêveries, nous avons grandi avec les dessins animés, les jouets, la culture de la jeunesse, l'insouciance, "Les visiteurs du mercredi", ..."Récré A2" et Dorothée....Et puis la certitude que les malheurs passés étaient définitivement passés : guerres, génocides, dictatures... Le "fun" était en bas de la rue. On vivait simplement. ....Mais pour les enfants TJ comme moi, s'ajoutait à ces illusions, l'Illusion suprême : celle de l'Imminence de la Fin du Monde.

Après les 2 conflits mondiaux qu'a subit l'humanité en moins de 50 ans, le monde d'aujourd'hui voit se profiler avec angoisse une troisième guerre mondiale possible. Personne ne veut vraiment y croire. Même les TJ. ....Car pour eux, c'est Har-Maguédon qui se dessine à l'horizon. Le "Roi du Nord" est décidément méchant et bien décidé à ravager l'Occident.

L'avenir nous apprendra sous peu comment les choses vont s'organiser ou se désorganiser.

J'espère que ce témoignage sera utile à quelques personnes. S'il en est ainsi, j'en serais content.

Je finirai avec un secret plaisir par deux citations d'un ancien fort instruit ( ingénieur ) mais comme chacun sait, l'instruction ne fait pas l'intelligence. Ces deux commentaires mémorables ont été prononcés lors de l'étude la tour de garde.

Voici le premier que je cite textuellement, car de telles perles restent pour toujours gravées dans la mémoire :

1) " Ne négligeons pas le culte familiale, même si on est tout seul." ( le regretté Coluche n'aurait pas dit plus amusant )

2) " Heureusement que Jéhovah a été patient, sinon, nous ne serions pas là."

Ce morceau mériterait tellement de commentaires que nous laissons à chacun le loisir d'y rêver et d'en rire.

Ceci pour finir sur un sourire et donner le niveau intellectuel des plus hauts gradés..... Imaginons donc les Tj de la base..... Mais chut ! Ces remarques sont des signes certains d'orgueil satanique..... et voilà comment fonctionne la propagande, de Goebbels à Staline, en passant par le collège central.

Mes remerciements vont à Thomas, le gérant du site sur lequel vous lisez ces témoignages, ainsi qu'à tous ceux, qui par leurs alertes, leur engagement, leurs infos diffusées sur internet, ont contribué à mon éveil et à celui de milliers de TJ.

Daniel

"

samedi 30 août 2025
Sarah

Bonjour à tous.

Je confirme la véracité de tous ces témoignages douloureux que ce soit pour avoir vécu des choses similaires ou pour l'avoir constaté pour d'autres. 

En plus de tous les témoignages précédents, avez vous vu les nombreux témoignages sur Youtube et Facebook ou sur ce site américain, qui normalement est automatiquement traduit en français au téléchargement :

https://www.jehovahs-witness.com/forum?sort=updated

Pour souligner le conditionnement extrême des tJ et la peur qu'ils nous font si on parle, il y a quelques années, j'avais demandé à Thomas de publier mon récit puis m'étais rétractée en lui demandant de le supprimer ! C'est dire...

Je suis née de parents tJ qui ont fait D'ÉNORMES sacrifices : pas de boulot prenant, c'est-à-dire de boulot rémunérateur et intéressant. 

Pas de crédits pour acheter une maison ou autre bien "de luxe".

Assister à toutes les réunions et à l'époque, il y en avait 3 dont 2 en semaine le soir et l'autre, le week-end. 

Beaucoup de stress pour y assister : arriver à l'heure, se changer car il fallait la tenue adéquate (jupe pour femme et costume cravate pour les hommes).

La prédication le samedi ET le dimanche, par tous les temps. 

Les enfants étaient encouragés fortement à ne pas faire d'études au delà du bac et de devenir pionnier : faire 60 ou 90 h par mois à prêcher. 

On était aussi fortement encouragé à ne pas se marier ou à ne pas avoir d'enfant pour se consacrer plus pleinement aux choses spirituelles. 

J'ai donc arrêté mes études au bac, ne me suis pas mariée et donc pas d'enfant et je suis devenue "pionnier permanent" c'est-à-dire à l'époque 90 heures par mois à prêcher. 

J'ai de ce fait travaillé à mi-temps dans un boulot de m....  où je ne gagnais pas grand chose.

Et aujourd'hui, suite à des injustices graves commises par des correlegionnaires, je me suis retirée des tJ et ai perdu tous mes amis et ma famille. 

Les tJ vont jusqu'à changer de trottoir pour ne pas me dire bonjour !

Du coup, on se retrouve tout seul, sans enfant et avec une future retraite à la hauteur de ce que l'on a travaillé, c'est à dire une retraite avoisinant probablement 900 euros par mois alors qu'on travaille depuis l'âge de 18 ans.

Difficile de refaire sa vie à un certain âge et rattraper le temps perdu comme avoir des enfants ou faire des études.

Le pire pour moi est d'être salie par ces gens en raison du déni de justice dont j'ai été victime. 

J'ai été "abusée" en quelque sorte par 1 responsable des tJ et bien évidemment c'est moi la menteuse. 

Et la réputation chez ces pseudo chrétiens "plein d'amour" perdure et vous suit toute votre vie chez eux, et quand on a des valeurs morales élevées, ce sont des choses qui détruisent au plus profond.

Par ailleurs, avoir crié à l'injustice sans personne pour entendre est aussi insupportable car la hiérarchie soutient les siens au détriment de la "petite" brebis. 

Pour info, beaucoup se retrouvent dans cette situation et sur le net, une comparaison revient souvent : on a l'impression d'être emmuré vivant car personne ne veut entendre et nous croire.

Il est difficile de tout dire par écrit mais je peux attester ceci :

- un ostracisme inhumain bel et bien présent et non fondé sur la Bible contrairement à ce qu'ils affirment. Ils vous citent des passages pour appuyer leur attitude mais quand vous analysez ces versets, vous vous apercevez qu'ils concernent les apostats qui nient que Jésus soit le fils de Dieu, par exemple. 

- des mensonges comme ceux que l'on constate dans les procès où ils nient l'ostracisme et leur conditionnement de cerveau. Je vous invite à lire le résumé du procès en Norvège, et vous verrez combien ils n'ont pas peur de mentir, c'est juste scandaleux. Aux USA, leur avocat principal a par exemple été condamné en 1re instance et en appel, pour mensonge dans leur procès sur de la pédophilie !

- une hiérarchie écrasante où les responsables ont toujours raison face aux fidèles alors même que la Bible condamne cela.

- un travail volontaire important et non participatif dans les résultats financiers. En effet, vous travaillez bénévolement à la construction de salles par exemple, et quand elles sont vendues, vous n'avez AUCUN retour financier. 

- un conditionnement évident du cerveau avec des incitations subliminales ou cash, à faire ou ne pas faire certaines choses. Il vous suffit juste de lire leur tour de garde d'études. 

- des pseudo règlements de justice dans leur organe appelé pendant longtemps "comité de discipline religieuse" qui en dit long et c'est pourquoi ils ont changé le nom, mais l'organe est le même, où le fidèle est seul face aux responsables religieux, les fameux anciens. 

Leur justice est honteuse : les anciens ont des écrits sur le fidèle auditionné mais lui n'y a pas accès. Le principe du vrai contradictoire n'existe pas. Et attention : il n'y a pas plusieurs appels comme c'est le cas en justice où eux mêmes sont contents d'en profiter puisqu'ils vont systématiquement jusqu'à la Cour européenne de justice ou des droits de l’homme. 

- une malhonnêteté intellectuelle quand ils disent que vous êtes libres de partir. En effet, on l'est mais à quel prix et c'est cela qui fait que certains restent ou que ceux qui partent quand même sont dégoutés en raison de l'ostracisme subit qui mène certains au suicide. Donc libre de partir, ce n'est pas vrai car le prix à payer est trop lourd. 

- une vie communautaire tout en ne vivant pas sous le même toit et en travaillant à l'extérieur (ce point est primordial car pour ces raisons, les tJ prétendent qu'ils ne sont pas 1 secte, mais c'est pour enfumer. En effet, il n'empêche qu'ils ne sont pas intimes avec des gens non tJ et encourageant leurs fidèles à cela. Ils se voient plusieurs fois par semaine ou s'invitent entre eux uniquement et les infos sur chacun circulent comme si elles étaient dévoilées au monde entier). D'ailleurs avec beaucoup "d'amour", les gens non tJ sont pointés du doigt et appelés avec mépris : les "gens du monde", c'est à dire du monde de satan !

Ils sont bien 1 secte au regard de leur propre définition : ils ont écrit qu'une secte est un "groupe d'hommes s'étant détachés ou coupés (secare en grec ou latin, je ne sais plus, d'où vient le mot sécateur) pour suivre (sequi idem pour l'origine du mot) un homme". 

Or, les TJ se sont "coupés" des Adventistes pour "suivre" 1 homme : russel, puis aujourd'hui plusieurs : le fameux collège central dont le mot même n'existe pas dans la Bible. 

A part cela, ils ne sont pas 1 secte : lol.

- beaucoup de médisances, de jalousies et de méchancetés car chacun épie l'autre pour savoir s'il commet "un péché" et le dénoncer (je pense à ce qu'ils feraient en temps de guerre) et l'objectif est de tout faire pour être considéré comme "spirituel" quitte à enfoncer certains pour paraître mieux qu'eux. Petite mesquinerie...

Jusqu'à s'immiscer dans des domaines privés comme une jupe juste au dessus des genoux (ce qui n'est pas du tout une mini-jupe pourtant) ou un chemisier échancré (où on ne voit pourtant pas du tout la poitrine) que l'on vous demande de ne pas porter au risque d'être mis de côté !

Vous imaginez ? En fait et ce n'est que maintenant que je me le dis, ces gens sont contrairement aux apparences, très portés sur le sexe car pour être gênés par ce genre de choses c'est que l'on est excité pour pas grand chose... à moins que ce soit des frustrés.

- autre malhonnêteté quand ils vous disent que ce sont certains qui ont dit qu'armagueddon était annoncé pour une date. Or c'est bien aux réunions, aux assemblées et dans certaines publications que 1975, par exemple, était annoncé. Et c'est ainsi qu'ils procèdent pour tout : ils affirment que toutes les critiques sur eux sont mensongères et viennent de gens aigris. La bonne affaire ! C'est pourquoi il faut bien les connaître pour savoir quoi leur répondre et montrer leur mensonge.

On peut aisément imaginer ce que cela fait, d'être salie et ostracisée dans 1 communauté qui a, toute une vie, été le seul monde côtoyé auquel on croyait et que l'on a défendu bec et ongles pendant des années.

En résumé, je peux affirmer que les tJ ont bel et bien gâché ma vie car je ne peux pas revenir en arrière sur certaines choses, comme je l'ai déjà dit sans parler des conséquences psychologiques qui sont somatisantes malheureusement. 

Les autres tJ ne s'en rendent pas compte pour 1 raison et 1 seule : on leur rabâche chaque semaine qu'ils sont dans LA VÉRITÉ et que tout ce qu'ils font, c'est pour Dieu qui n'oubliera pas leurs œuvres et que si vous partez ou les critiquez, c'est contre Dieu lui-même que vous vous opposez.

Avec ça, vous comprenez pourquoi vous n'avez pas envie de faire quoi que ce soit. 

Dans la même veine de conditionnement, ils arrivent à faire croire à des parents que leurs enfants qui ne sont plus tJ sont les pires enfants du monde, des enfants de satan, des démons. 

Et oui. et inversement s'il s'agit de parents qui quittent les tJ et leurs enfants adultes qui y restent. Beaucoup de récits et même trop, en témoignent.

Pour vous en convaincre, car comme à l'accoutumé, les tJ vous diront que ce n'est pas vrai, vous avez donc mon témoignage et TOUS les autres ainsi que ceux sur internet qui en parlent à visage découvert sans parler des livres qu'on vous cachent et qui en parlent avec franchise et honnêteté. 

Il y aurait encore beaucoup de choses à écrire comme sur la pédophilie mais je n'en ai pas été témoin (et je ne vais pas être comme la majorité des tJ, prête à mentir) par contre je connais des amis qui ont été excommuniés pour avoir dénoncé de la pédophilie.

En revanche pour avoir été victime de pressions terribles psychologiques suite aux dénonciations que j'ai faites sur d'autres délits des tJ, je peux affirmer qu'il est évident que pour la pédophilie, le traitement est le même, voire pire, même si les choses changent un peu dans les faits à ce niveau là grâce et uniquement grâce, aux procès médiatisés.

Mais soyez certain : même si aujourd'hui,  ils vont dénoncer certains faits, la pauvre victime est toujours considérée comme menteuse !

Sarah D.


vendredi 24 janvier 2025
Richard

Ce message, s'adresse à Franck, et à tous ceux qui comme moi, se reconnaitront.

Qu'elle n'a pas été ma stupeur (grandement positive) de lire ton parcours de vie. Sur bien des sujets, il est similaire au mien.

J'ai 46 ans, "né dans la vérité", j'ai démissionné des TJ à 22 ans (et par vengeance, ils m'ont exclu, avec tout ce que ça entraine, comme, chaque visiteur de ce site, le sait), dégoûté, par leur hypocrisie, celle-là même, qu'ils ne cessent de pointer du doigt chez les autres religions.

Si j'écris ce témoignage aujourd'hui, c'est pour apporter du positif à tous les anciens TJ, dont j'ai lu leurs nombreuses expériences. Si humblement, je peux leur faire profiter de ma propre expérience et leur donner un conseil, c'est de ne pas tout jeter à la poubelle les enseignements des TJ, car ils découlent (en partie), de la bible, la parole de notre créateur. Et que si, à un moment donné, on a fait partie de cette secte, c'est qu'au plus profond de nous-mêmes, nous recherchons notre créateur.

Et la parole de notre divin créateur est une aide dans cette société dégénérée et une lumière, alors que tous nos repères s'éteignent, dans un monde en trop lente agonie.

Malgré tout, je n'ai jamais cessé de prier Jéhovah, (passionné d'histoire, l'archéologie a prouvé l'existence de ce Nom). Et comme toi Franck, j'ai toujours "ressenti" l'aide, la présence et les bénédictions de Jéhovah. Ces fameuses "coïncidences" dont tu parles, c'est en lisant ton témoignage, que j'ai pu mettre un mot profane sur ces phénomènes.

Ce qui prouve, que "les yeux de Jéhovah, errent sur la terre et scrutent le cœur de chacun".

Jésus, lorsqu'il est venu sur terre n'a jamais donné l'instruction de fonder une religion avec une hiérarchie religieuse. Non, empreint d'amour, il simplement encouragé ses disciples, à faire connaître son divin Père, et son merveilleux projet pour l'humanité.

Il nous demande, une approche et une relation personnelle, intime, avec notre créateur. Comme tu l'écris, Franck, "cela rend heureux, et permet de comprendre petit-à-petit les vrais enseignements du christ".

Nous devons suivre les principes de Jéhovah, (au nombre de 10), "ils ne sont pas pesant pour l'homme", et demander une part de son immense sagesse (Salomon décrit parfaitement les fruits de la sagesse). Nous devons le prier, peu importe comment on l'appel (Seigneur, Eternel ...) Et alors, en retour, Il sera loin d'être avare en bénédictions/coïncidences.

Aujourd'hui, je vis heureux avec ma femme (qui ne croit pas en Jéhovah) et mes deux enfants, à qui j'ai enseigné l'existence de Jéhovah, de son fils Jésus, ainsi que des innombrables bienfaits de cette relation. Et si tout continue comme cela, jusqu'à la fin, j'aurai une vie comblée dans la confiance en notre Créateur.

Bien à vous

Richard


vendredi 24 janvier 2025
 
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